Ce que nous protégeons
La pluralité des imaginaires
Des langues, des esthétiques, des mémoires et des modèles économiques qui n'ont pas à se conformer à un standard pour exister.
Charte fondatrice
« Une technologie ne vaut que par les récits qu'elle rend possibles. Cette charte engage L'Étoile de l'Afrique et l'ensemble des programmes et plateformes de son écosystème sur une exigence commune : mettre l'intelligence artificielle au service des créateurs, des cultures et de la coopération — jamais l'inverse. »
Version 1.0 · 2026
L'intelligence artificielle transforme la manière dont les récits s'écrivent, se financent, se produisent et circulent. Cette transformation n'est ni neutre, ni uniforme : elle avantage les industries déjà dotées de données, de capitaux et d'infrastructures, et menace d'uniformiser les imaginaires de celles qui ne le sont pas encore.
L'Étoile de l'Afrique refuse ce déterminisme. Nous considérons que la souveraineté narrative — le droit d'un peuple, d'une culture, d'un auteur à raconter selon ses propres formes — est une condition de la diversité culturelle, et qu'elle doit être défendue au niveau même des outils.
Dans notre écosystème, l'intelligence artificielle est un amplificateur placé sous direction humaine : elle accélère la méthode, éclaire les décisions, structure les dossiers, ouvre des pistes. Elle n'écrit pas à la place de l'auteur, ne sélectionne pas à la place d'un jury, ne remplace ni le regard, ni le goût, ni la responsabilité.
Cette charte énonce ce que nous protégeons, ce que nous garantissons et ce que nous refusons. Elle est publique, datée, opposable à nous-mêmes, et destinée à être vérifiée.
Ce que nous protégeons
Des langues, des esthétiques, des mémoires et des modèles économiques qui n'ont pas à se conformer à un standard pour exister.
Ce que nous garantissons
Les projets confiés à l'écosystème restent la propriété de celles et ceux qui les portent. Aucun service ne transfère la titularité d'une œuvre.
Ce que nous refusons
Aucun score algorithmique ne détermine seul la valeur d'une œuvre ni l'avenir professionnel d'une personne.
Principe fondamental
L'IA assiste. L'humain décide.
Tout le reste de cette charte en découle.
TITRE I — Fondements
TITRE II — Confiance et confidentialité
TITRE III — Transparence et décision
TITRE IV — Sécurité et responsabilité
TITRE V — Souveraineté et gouvernance
TITRE I — Fondements
Les peuples, les cultures et les créateurs ont le droit de raconter leurs propres histoires, dans leurs langues, selon leurs formes et leurs temporalités.
Aucun outil technologique de l'écosystème ne peut être conçu ou utilisé pour imposer un standard narratif unique, corriger une esthétique au nom d'une norme dominante, ou orienter une œuvre vers un modèle culturel étranger à l'intention de son auteur.
Les projets confiés à l'écosystème — notes d'intention, synopsis, bibles, scénarios, dossiers de production, documents importés — restent la propriété pleine et entière de celles et ceux qui les portent.
L'utilisation d'un service de l'écosystème n'emporte aucun transfert de titularité, aucune cession de droits patrimoniaux, aucune co-titularité et aucune revendication de qualité d'auteur au bénéfice de l'éditeur.
L'éditeur ne dispose que des droits techniques strictement nécessaires à l'exécution du service demandé : stocker, afficher, transmettre au moteur choisi et restituer le contenu à son auteur.
Un contenu produit avec l'assistance d'une intelligence artificielle n'est pas automatiquement protégé par le droit d'auteur : la protection dépend du droit applicable et de l'apport créatif humain.
L'écosystème ne promet aucune protection automatique. Il documente en revanche, lorsque c'est techniquement possible, la chaîne de création : date, instruction humaine, moteur mobilisé, versions, arbitrages et validation finale.
Cette traçabilité appartient à l'utilisateur et s'exporte avec son projet.
TITRE II — Confiance et confidentialité
Tout projet est privé par défaut. Il n'est ni publié, ni indexé, ni rendu visible à un tiers sans une action explicite de son auteur.
Le partage s'opère par un lien nominatif à permissions choisies, journalisé et révocable à tout moment.
Les projets et les requêtes des utilisateurs ne constituent pas un corpus d'entraînement de modèles propriétaires : aucun entraînement ne peut avoir lieu sans base juridique, information préalable et consentement explicite, désactivé par défaut.
Les traitements de données personnelles sont limités à ce qui est nécessaire au fonctionnement du service : compte, projets, journal technique d'usage.
Les personnes disposent des droits prévus par le Règlement général sur la protection des données : accès, rectification, portabilité, effacement, limitation et opposition.
L'export intégral et la suppression du compte sont accessibles depuis les paramètres, sans démarche discrétionnaire.
L'écosystème s'appuie sur des fournisseurs techniques tiers. Leur liste, leur finalité et leur zone de traitement sont publiées et tenues à jour.
Un fournisseur non connecté ne reçoit aucune donnée. Aucune donnée n'est transmise à un tiers pour une finalité publicitaire, de revente ou de profilage commercial.
L'utilisateur est informé du service mobilisé pour une génération donnée.
Certaines informations — montages financiers, négociations en cours, données personnelles de tiers, éléments couverts par un accord de confidentialité — appellent une prudence renforcée.
L'écosystème recommande de ne pas déposer de telles informations lorsqu'un traitement par un moteur tiers n'est pas souhaité, et met à disposition les modes de travail permettant de les tenir hors du flux conversationnel.
TITRE III — Transparence et décision
L'utilisateur doit savoir qu'il interagit avec une intelligence artificielle, quel service est mobilisé et à quoi sert l'analyse produite.
Les critères méthodologiques d'une analyse ou d'un score sont explicités en langage clair : rien ne doit relever d'une « boîte noire » pour les milieux artistiques et institutionnels.
La transparence méthodologique n'implique pas la divulgation des instructions systèmes ni des éléments protégés de la Méthode MAYALA®.
Aucune décision produisant un effet significatif sur une personne ou sur un projet — sélection, financement, orientation professionnelle, évaluation — n'est prise de manière automatisée.
Les scores, notes et simulations sont des instruments d'entraînement méthodologique et d'aide à la décision. Ils ne valent ni jugement définitif, ni avis d'un tiers réel, sauf partenariat formellement établi.
L'humain conserve le dernier mot, y compris contre la recommandation de la machine.
Une intelligence artificielle peut se tromper, inventer une source ou produire une donnée obsolète.
Les informations sectorielles, juridiques, fiscales ou financières doivent être vérifiées auprès des sources officielles avant toute décision.
L'écosystème s'engage à signaler explicitement l'indisponibilité ou l'incertitude d'un service plutôt qu'à dégrader silencieusement une réponse.
TITRE IV — Sécurité et responsabilité
Les données sont chiffrées en transit et au repos par l'infrastructure d'hébergement, cloisonnées par espace de travail et protégées par des règles d'accès appliquées côté serveur.
Les documents sont conservés dans des espaces privés et servis par liens signés à durée limitée.
Aucune mesure de sécurité n'est infaillible : l'écosystème s'interdit toute promesse d'invulnérabilité et privilégie la réduction du risque et la réversibilité.
En cas d'incident de sécurité affectant des données personnelles, les personnes concernées et les autorités compétentes sont informées dans les conditions prévues par la réglementation.
L'écosystème documente l'incident, ses causes et les mesures correctives, sans minimisation.
L'utilisateur peut à tout moment exporter ses projets dans des formats ouverts, révoquer un partage, refuser une fonctionnalité fondée sur l'IA ou supprimer son compte.
Aucune fonctionnalité d'analyse automatisée n'est imposée comme condition d'accès au travail de l'utilisateur sur ses propres contenus.
TITRE V — Souveraineté et gouvernance
L'écosystème documente publiquement ses dépendances techniques plutôt que de revendiquer une souveraineté qu'il ne maîtrise pas entièrement.
Il privilégie, lorsque cela est techniquement possible, les traitements et hébergements conformes au cadre européen, et travaille à l'ouverture de capacités africaines et européennes de traitement.
Aucune affirmation d'hébergement, de certification ou de localisation n'est publiée sans vérification.
La charte est portée par la gouvernance de L'Étoile de l'Afrique. Elle s'applique aux programmes, plateformes et outils de l'écosystème.
Elle est révisable : chaque version est datée, publiée et conservée. Les évolutions substantielles sont annoncées aux utilisateurs.
Tout manquement peut être signalé à l'association, qui s'engage à instruire le signalement.
L'écosystème se construit avec les auteurs, producteurs, institutions, écoles et diffuseurs d'Afrique, d'Europe et des diasporas.
La technologie y est un instrument de coopération : elle doit élargir le nombre de récits possibles, jamais réduire le nombre de voix audibles.
La technologie amplifie.
L'humain crée.
L'humain arbitre.
L'humain demeure souverain.
Cette charte n'est pas un point d'arrivée. Elle est un engagement de méthode, offert à la vérification de celles et ceux qui nous confient leurs récits, et appelé à évoluer avec les usages, le droit et les technologies.
L'avenir ne se raconte pas. Il se bâtit ensemble.
Tzipporah MAYALA
Présidente-Fondatrice — L'Étoile de l'Afrique
La présente charte s'applique aux programmes et plateformes de l'écosystème. Elle complète — sans les remplacer — les documents contractuels suivants.